Lettre des lect·rices·eurs de Sarah Neumann parue dans l’édition du 24 mai 2024 du 24 heures
La profession souhaite une meilleure reconnaissance de la part des employeurs et, plus largement, de la société.
Elles sont en première ligne pour répondre aux problèmes de santé du quotidien, ceux qui ne nécessitent pas forcément une hospitalisation, ou alors justement, c’est fini, on en sort, mais on a encore mal, c’est inconfortable, effrayant, incertain.
Elles sont debout. Elles accueillent, elles orientent, elles rassurent. Elles écoutent. Surtout depuis Tarmed. «Vous comprenez madame, le docteur, il facture à la minute, il n’a pas le temps de m’écouter. Mais il faut quand même que je le dise. Que j’en parle. J’ai mal. J’ai la trouille. J’aimerais guérir.» Elles donnent. Les médicaments, des conseils, des encouragements. Toute la journée, une histoire après l’autre, une souffrance après l’autre. Debout, sous les néons, la semaine, le samedi, parfois le dimanche ou le soir, quand la pharmacie est de garde.
Elles sont le premier accès aux soins des nombreuses personnes qui pour des raisons économiques ou simplement ne pas «déranger pour rien» ne se rendent pas à une consultation médicale. Elles vendent, aussi. Elles doivent vendre, bien sûr, mais elles ne doivent pas trop vendre, non plus. Pour les médicaments remboursés, il faut proposer le générique, la boîte à la juste taille. La marge, il faut la faire avec ce qui n’est pas dans la liste. Les coûts de la santé, vous comprenez. On doit maintenant, toutes et tous, faire un effort pour stabiliser la hausse.
Elles, ce sont les assistantes en pharmacie. Leurs compétences sont certifiées par un CFC exigeant. Chaque nouvelle journée passée en officine enrichit leurs connaissances. Les encourager à rester dans leur métier, c’est faire bénéficier la population de cette expérience. En ce mois de mai, elles réclament des conditions de travail plus dignes, une convention collective, un salaire minimum de 4300 francs, et lancent une pétition. Il est temps de les écouter à notre tour, et de leur montrer notre soutien en la signant.